| Yamari | | Chûnin de Konoha | | Membre |  | | 52 messages postés |
| Posté le 17-08-2007 à 18:54:38
| Ah et puis ça me fait penser... Chaz a posté Rock My Life, et il faut dire qu'on était dans la même classe lorsqu'elle a écrit cette histoire, ce qui fait que j'en ai aussi écrit une! Elle est un peu fleure bleue, mais bon, j'avais 14 ans aussi ! Et donc, l'adolescente romantique d'il y a 4 ans vous fait partager son histoire, si vous avez l'envie et le temps de la lire, car elle est également relativement longue! Bizzz <Y> UN SOMBRE ETE Le soleil brillait dans un beau ciel bleu sans nuages. Une légère brise soufflait dans l’atmosphère. La mer d’un magnifique bleu turquoise était parcourue de temps à autre par de petites vagues qui surprenaient les baigneurs. La plage était remplie de centaines de personnes qui avaient planté leur parasol et étendu leur linge sur le sable fin. Il faisait très chaud. Pendant que les gamins étaient dans l’eau en train de s’amuser et de faire les fous, les parents, étendus sur leur linge, bronzaient au soleil en gardant tout de même un œil sur leurs enfants. Les plus petits s’amusaient à faire des châteaux de sable au bord de l’eau. L’un d’eux en avait même fait un immense avec plusieurs tours et des douves tout autour. Les quelques mouettes qui voletaient dans l’air poussaient de temps en temps des cris stridents. C’était une belle journée d’été et tout le monde paraissait content. Enfin, à quelques exceptions près… Anna était assise sur sa serviette au bord de l’eau, les écouteurs de son baladeur dans les oreilles et lisait un magazine. Sa mère, les lunettes à soleil devant les yeux, était couchée à côté d’elle au soleil, pour prendre des couleurs. Son père, lui, était parti chercher des boissons. Anna et ses parents étaient en vacances au sud de la France, au bord de la mer Méditerranée. Ils y restaient trois semaines, pendant les vacances d’été d’Anna. Son frère aîné n’était pas venu avec, il n’avait pas pu à cause de son travail. Ils étaient dans un camping et avaient loué une caravane, assez confortable. La mer était à un kilomètre de chez eux. Mais ça avait beau être des vacances de rêve et un superbe endroit, Anna s’ennuyait ferme. Ca faisait déjà cinq jours qu’ils étaient ici et elle avait fait le tour du camping, s'était baladée sur la plage sans faire la connaissance de personne. Elle n’avait rencontré aucune amie, aucune fille de son âge, d’ailleurs, elle n’avait rencontré personne de son âge, elle était toujours seule. Elle s’ennuyait à mort, ne savait jamais quoi faire. A part se baigner, enfin, si on peut appeler ça « se baigner »… Elle ne faisait rien du tout. La journée, lorsqu’ils étaient à la plage, elle restait toujours le nez planté dans des bouquins ou des magazines en regardant passer de temps à autre les vendeurs de T-Shirt ou de nourriture. Elle en avait plus que marre. En plus, son chez-soi lui manquait énormément. Tout lui manquait: ses copines, ses potes, son copain, son école, ses soirées passées au cinéma ou chez ses amies à faire la fête etc… Mais ce qui lui manquait par-dessus tout, c’était sa guitare et son groupe de rock. Tous les jours, elle appelait sa meilleure amie pour lui demander des nouvelles de ses amis et de son groupe. Elle et sa meilleure amie avaient fondé un groupe de rock il y a environ un an et elles s’investissaient beaucoup dedans. Elles écrivaient beaucoup de textes et composaient pas mal de chansons. Leur plus grand rêve était de réussir et qu’un jour, ils deviennent célèbres et puissent chanter sur scène, faire des concerts. Anna tenait beaucoup à son groupe. La pire punition qu’on pouvait lui infliger serait de lui confisquer sa guitare et de lui interdire les répétitions. Elle ne pouvait pas s’en passer. Elle avait supplié ses parents de pouvoir pendre sa guitare avec, il lui était impossible de rester trois semaines sans répéter ses chansons. Mais ses parents le lui avaient formellement défendu. Ils lui répétaient sans cesse que ce n’est pas un objet à prendre en vacances et qu’elle pouvait bien s’en passer pendant vingt jours. Donc évidemment, tout cela lui manquait énormément. Anna était une belle jeune fille de 15 ans, aux longs cheveux blonds parsemés de mèches rouges. Elle avait les yeux marrons très expressifs et elle était pas mal grande. Elle avait un caractère assez fort, mais était dotée d’une très grande sensibilité. Elle venait de terminer sa dernière année d’école obligatoire et intégrerait le gymnase à la rentrée. Les deux choses auxquelles elle accordait le plus d’importance étaient ses études et son groupe de rock. Elle déteste par-dessus tout lorsque ses parents l’engueulent et lui font la morale, ce qui entraîne parfois de violentes disputes… ! Son père revenait du stand de boissons. Il fit la distribution et s’assit à côté de sa mère. C’était un homme très grand, qui portait la barbe, qui avait des cheveux bruns très courts. Il avait les mêmes yeux que sa fille. Il était assez imposant. Sa mère, une grande femme mince, aux cheveux bruns-rouges assez courts et aux yeux d’un vert pétillant se releva pour boire son thé froid. C’était une femme d’une quarantaine d’années mais qui pourtant paraissait très jeune. Elle et son mari se mirent à parler de choses et d’autres. Anna, le nez toujours dans son magazine commençait à mourir d’ennui. Elle avait besoin de se dégourdir un peu les jambes. Elle se leva et dit à ses parents : - J’ai envie d’une glace, je vais m’en acheter une au petit bistrot. Ses parents hochèrent la tête et Anna se mit à parcourir la plage en direction du café en traînant les pieds. Elle n’était pas du tout motivée… Elle était d’assez mauvaise humeur. Elle n’avait jamais connu des vacances aussi ennuyeuses. Lorsqu’elle pénétra dans le bistrot, elle était de si mauvaise humeur, qu’elle ne regardait pas où elle allait et qu’elle ne faisait attention à rien. Alors soudain…BAOUM ! Elle se cogna contre quelque chose de solide qui la fit tomber à terre. Elle fulminait à l’intérieur d’elle-même et insultait la chose qui l’avait fait tomber, alors elle leva les yeux pour voir ce que c’était. Elle croisa alors le regard d’un super beau mec qui lui souriait. Il lui tendit la main pour l’aider à se relever : - Excuses-moi, je ne t’ai pas vue arriver. Ca va, tu ne t’es pas fait mal ? - Non, répondit Anna. Ca va bien merci. Il ne faut pas t’excuser, c’est moi qui ne regardais pas où j’allais… Anna s’agrippa et se releva pour se trouver face au garçon. Il avait environ une tête de plus qu’elle. Il avait des cheveux bruns, mi-longs et de beaux yeux bruns-verts. Il avait un petit bouc au menton qui faisait tout son charme, et il était assez musclé. Il paraissait avoir quelques années de plus qu’Anna. Ils se regardèrent et il lui sourit. - Salut, moi c’est Fabien, se présenta-t-il. - Et moi c’est Anna, dit-elle en lui rendant son sourire. - Qu’est-ce que tu venais faire ici ? lui demanda Fabien. - Je venais me chercher une glace. Je suis avec mes parents à la plage, mais je m’ennuyais trop, alors je suis venue faire un tour par-là. - Si tu veux, on peut aller faire une ballade sur la plage après. - Avec plaisir ! répondit Anna. Tu veux une glace ? Je te l’offre. - Je veux bien, répondit Fabien. Anna alla payer les glaces, puis ils sortirent. Ils se baladèrent au soleil, vers les arbres, près du camping, et ils parlaient de choses et d’autres. Fabien voulait savoir plein de choses sur Anna. - D’où viens-tu ? lui demandait-il. - Je viens de Suisse. Je suis ici en vacances avec mes parents pendant trois semaines. On est au camping, on a loué une caravane. Mais c’est tellement ennuyeux ici, il n’y a personne de mon âge avec qui je pourrais parler ou sortir le soir… Et toi ? - Moi je viens de Besançon, dit-il. Je suis aussi en vacances ici, avec une bande de potes. Nous, on est à l’autre camping, à côté. Mais on n’est pas souvent à la plage, on reste dans notre tente ou alors, on va à la piscine ou dans les bars la nuit Tu as quel âge ? - J’ai eu quinze ans il y a trois mois. Et toi ? - Moi, j’en ai dix-huit, et j’aurai bientôt dix-neuf. Anna n’était pas étonnée. Il paraissait bien plus âgé qu’elle. Ils continuèrent à parler de la sorte. Chacun était très intéressé par l’autre, et ils se découvraient pas mal de points communs. Anna était assez charmée, mais ça ne pouvait pas aller plus loin. Elle avait un copain et elle y tenait. Mais elle était très contente d’avoir trouvé un ami dans le voisinage. Bientôt, ils durent se séparer. Anna devait retourner vers ses parents avant qu’ils ne s’inquiètent et Fabien devait bientôt retrouver ses potes. Mais ils s’échangèrent leur numéro de portable et ils se promirent de se revoir bientôt. Ils partirent chacun de leur côté. Lorsque Anna revint vers son linge, ses parents lui demandèrent où elle était passée. Elle répondit qu’elle avait été se balader sur la plage, sans mentionner le nom de Fabien bien sûr. Ils rentrèrent à leur caravane aux alentours de six heures, puis ils allèrent manger au restaurant. Anna commanda une portion de frites, comme à son habitude. Ils rentrèrent vers huit heures et Anna était déjà couchée, lorsque son natel s’alluma. Elle avait reçu un message. Elle pensait que c’était sa meilleure amie, mais c’était Fabien. Il lui demandait si elle voulait bien aller se promener avec lui le lendemain matin. Elle lui répondit par l’affirmative bien sûr, en lui souhaitant une bonne nuit, puis elle s’endormit, la tête pleine de rêves. Le lendemain matin, elle se réveilla, mangea quelque chose, se prépara et dit à ses parents qu’elle allait se promener sur la plage. Elle et Fabien s’étaient donné rendez-vous où le chemin du camping débouchait sur la plage, à dix heures. Lorsqu’elle arriva, Fabien était déjà là à l’attendre. Il lui fit un immense sourire, la salua, puis lui fit la bise. Ils se dirigèrent ensuite en direction du bord de mer. Ils bavardaient de tout et de rien, de ce qu’ils avaient fait le soir précédent, ce qu’ils faisaient chez eux, dans leur temps libre. Anna lui parla de son groupe de rock et il parut très impressionné. Lorsqu’ils furent au bord de l’eau, ils retirèrent leurs chaussures et marchèrent un moment dans l’eau, côte à côte. Puis ils s’assirent sur le sable. Ils regardaient l’horizon, tout en parlant. Puis soudain, Fabien lui pris la main. Anna, surprise, tourna les yeux vers lui. Il la regardait profondément. Ils restèrent là, plusieurs minutes à se regarder, puis finalement, Anna, gênée, détourna les yeux, et retira sa main de celle de Fabien. Ils ne dirent plus mots pendant quelques instants, puis Fabien rompit le silence : - On retourne à ton camping ? - Ok, répondit Anna, toujours sans le regarder. Ils se levèrent et retournèrent à l’entrée du camping d’Anna. Ils ne dirent pas grand chose durant le trajet du retour, ils parlaient très peu et Anna ne le regardait toujours pas. Puis arrivés à destination, Anna se tourna malgré elle vers Fabien. Il la regardait toujours avec le même regard qu’il avait auparavant, puis il lui reprit la main et dit : - C’est vraiment sympa de te connaître Anna. J’aime beaucoup parler, discuter avec toi. On se revoit ce soir, aux alentours de dix heures, au même endroit ? Ca serait cool de se balader sur la plage quand il fait nuit. - D’accord, pas de problème, répondit-elle. - Merci, c’est cool. Je t’attendrai, à l’heure. Alors, à ce soir… Il s’approcha d’elle et déposa un léger baiser sur ses lèvres. Anna, sous l’effet de la surprise, recula. Puis Fabien se tourna et s’en alla, lâchant sa main. Il se retournait de temps à autre. Anna, elle, resta sur place durant quelques minutes, effleurant de ses doigts ses lèvres à l’endroit où Fabien avait posé les siennes quelques instants auparavant. Puis elle reprit finalement ses esprits et rentra en direction de sa caravane. Lorsqu’elle rentra, elle n’adressa pratiquement pas la parole à ses parents et alla directement dans sa chambre. Elle se laissa tomber sur son lit en pensant à ce qui venait de se passer. Elle culpabilisait d’un côté, envers son copain, même si elle savait qu’elle n’avait rien fait, mais tout était brouillé dans son esprit. Elle savait qu’elle commençait à tomber un peu amoureuse de Fabien, mais elle se refusait de l’admettre. Elle était complètement perdue. La journée durant, elle ne pensa plus qu’à cela. Elle se demandait même si c’était une bonne idée qu’ils se voient le soir et hésitait à lui envoyer un message pour lui dire d’annuler. Puis, après de longues réflexions, elle décida de s’y rendre tout de même, mais avec une certaine appréhension. A dix heures moins le quart, elle se prépara, puis sortit. Elle parcourut le chemin jusqu’à la plage, et lorsqu’elle y parvint, Fabien était déjà là, comme le matin, à l’attendre. Anna appréhendait un nouveau baiser, mais il fit comme s’il ne s’était jamais rien passé et lui fit un grand sourire en la saluant : - Salut ! Tu as passé une belle journée ? - Bof, répondit Anna. J’ai pas fait grand chose. Je suis restée chez moi à lire et à rien faire. Je n’avais pas envie d’aller à la plage. - C’est un peu comme moi. Je suis allé une petite heure à la plage avec mes potes, mais c’est tout. Belle soirée, n’est ce-pas ? - Oui, tu as raison, c’est magnifique, C’était vrai. Le ciel qui avait une belle couleur bleue d’encre était parsemé de millions d’étoiles brillantes. Ils se baladèrent sous cette belle nuit étoilée. Ils avaient enlevé leurs chaussures et marchaient pieds nus sur le sable doux, et dans l’eau un peu fraîche. Ils se couchèrent sur le sable pour admirer la galaxie et les constellations qu’on voyait très bien. Ils seraient bien restés des heures à contempler le ciel ainsi, mais ils devaient rentrer, malheureusement. Fabien raccompagna Anna vers son camping. Il faisait plein de blagues qui n’arrêtaient pas de faire rire Anna et ils arrivèrent morts de rire à l’entrée. Ils reprirent leur souffle, et Fabien dit alors à Anna : - C’était sympa, c’était vraiment une super soirée, on s’est bien marré, j’ai adoré. Merci beaucoup ! - - Il n’y a rien à me remercier dit Anna, je n’ai rien fait de spécial. Merci à toi, moi aussi j’ai vraiment passé une super soirée ! - Mais avec toi, je passe toujours des supers moments, c’est trop sympa ! C’est pour ça que je te dis merci ! On se revoit demain, même heure, même endroit que d’habitude ? - Ok, sans problème ! dit-elle. - Ok, c’est cool ! Alors à demain, je t’attendrai, comme d’habitude. Bonne fin de soirée ! Anna lui souhaita de même et Fabien déposa un bisou sur sa joue avant de s’en aller. Anna rentra aussitôt chez elle. Elle était super contente de la soirée qu’elle avait passée, ça avait été tellement sympa ! Elle était vraiment contente d’avoir trouvé un ami comme lui, il était comme son grand frère, elle l’adorait. Elle ne pensait plus du tout au baiser du matin et s’endormit de très bonne humeur. Les jours qui suivirent, Anna et Fabien se voyaient super souvent. Ils étaient tout le temps ensemble. Matin et soir, ils se promenaient sans arrêt les deux sur la plage et vers le bord de mer, en se racontant plein de trucs. Ils trouvaient plein de trésors dans la mer, notamment des supers beaux coquillages, avec de différentes formes. Fabien trouva même une fois une jolie petite étoile de mer qu’il offrit à Anna. Elle était minuscule. Ils faisaient des tas de découvertes étranges, un peu partout. Dans les arbres, ils voyaient des oiseaux bizarres, de toutes les couleurs, et encore d’autres animaux étranges. Leurs rencontres étaient toujours supers sympa. L’après-midi, ils allaient de temps en temps à la piscine, ou ils allaient se baigner dans la mer, en essayant de se couler pour s’amuser. Fabien faillit se casser une jambe lorsqu’il glissa une fois sur le rebord de la piscine. Anna avait été morte de rire pendant dix minutes et n’était pas arrivée à s’arrêter. Un soir, lorsqu’ils étaient assis tous les deux seuls au bord de l’eau sous la nuit étoilée, Anna se rappela soudain du baiser que Fabien lui avait donné le deuxième jour. Elle n’y avait plus du tout pensé pendant plusieurs jours, mais maintenant qu’elle s’en était souvenue, elle devait en avoir le cœur net. Elle pris son courage à deux mains, prit une profonde inspiration et se lança à l’eau. Elle l’interpella : - Fabien ? - Oui ? répondit-il. - Il faut que je te pose une question, c’est important. Et répond-moi franchement. - Vas-y, je t’écoute. - Dis-moi… C’était quoi ce bisou l’autre jour ? Fabien sourit. Il dit : - Oh… Je sais pas exactement. Tu étais là, devant moi et j’ai eu envie de le faire. Pourquoi tu me demande ça, ça t’as dérangé ? - Non, c’est pas ça, mais c’est que… Voilà, tu m’as surprise et… - Tu veux que je recommence ? - Euh… Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’il s’approchait déjà, tout en continuant de sourire. Il rejeta les cheveux d’Anna derrière ses oreilles, puis il l’embrassa tendrement. Anna voulait d’abord s’enlever, mais elle ne put résister. Au bout d’un moment, elle le repoussa tout de même et détourna la tête. - Qu’est-ce qu’il y a ? Qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il. - Rien… dit-elle tout bas. - Vas-y, dis-moi. Je sais qu’il y a quelque chose qui va pas. - C’est que… Ecoute je peux pas… J’ai un copain et… - Et alors ? C’est ça qui te tracasse ? Moi aussi j’ai une copine. Mais c’est pas grave, on ne fait rien de mal. Allez, détends-toi, tu es en vacances, tu peux bien t’amuser un peu non ? - Je sais pas… Non, c’est pas bien… - Arrête, torture-toi pas l’esprit et ne pense plus à rien… Anna se tourna vers lui. Il lui faisait un grand sourire. Il caressa son visage de ses mains douces, puis il l’embrassa à nouveau. Cette fois, Anna n’opposa aucune résistance. Puis ils restèrent ensuite longtemps assis à se regarder les yeux dans les yeux. Les milliers d’étoiles du ciel se reflétaient dans leurs pupilles. Puis Fabien finit par parler. Il dit : - Euh, il faudrait peut-être qu’on rentre, non ? - Oui, tu as raison, dit Anna. Ils se relevèrent et partirent vers le camping. Puis Fabien lui sourit : - Bon, alors à demain, comme d’habitude ? - Oui, répondit-elle. Il sourit et ils s’embrassèrent une dernière fois. Puis ils partirent chacun de leur côté. Le soir dans son lit, Anna repensait à cette drôle de soirée. Elle n’arrêtait pas de culpabiliser, elle se sentait mal. La seule pensée qui finit par la réconforter était que ce n’était pas elle qui avait commencé, que ce n’était pas à cause d’elle que tout ça s’était passé, et que finalement Fabien avait raison. Elle avait bien le droit de s’amuser un peu… Elle et Fabien se revirent tous les jours à tous les moments de la journée. Ils se plaisaient beaucoup ensemble et passaient des supers moments. Anna était super heureuse. Oubliés les premiers jours de vacances moroses et monotones. Tout n’était plus qu'amusement, il n’y avait plus de place pour l’ennui. Fabien lui plaisait énormément, et elle avait pour finir un peu oublié son copain. Elle et Fabien flirtaient sans arrêt, sur la plage, couchés sur le sable le jour et la nuit. Ils se donnaient des bisous et s’embrassaient sans cesse. Anna était sur un nuage, elle était heureuse. Jamais elle n’aurait pensé passer d’aussi belles vacances. Rares étaient les moments où elle n’était pas en compagnie de Fabien. C’était les meilleures vacances de sa vie. Enfin, pour l’instant. Car malheureusement, le bonheur ne dura pas longtemps… Un après-midi, Anna avait décidé d’aller un moment seule à la plage. Elle devait voir Fabien le soir. Elle voulait juste aller se baigner un moment et se promener un peu seule. Elle était en train de marcher entre les parasols, lorsque soudain, elle entendit prononcer son nom. Elle s’arrêta net, puis tendit l’oreille pour mieux entendre ce qui se disait. Les voix venaient du parasol à deux mètres devant elle. Il y avait toute une bande de jeunes garçons dont un que Anna reconnut immédiatement et qui eut pour effet de faire bondir son cœur dans sa poitrine. C’était Fabien. Elle voulut d’abord le rejoindre, puis décida ensuite de se cacher pour écouter leur sujet de conversation sans qu’ils l’aperçoivent. Les garçons ne l’avaient pas vue, et c’était Fabien qui parlait. Anna écoutait attentivement. « Mais ce qu’elle est conne cette Anna » disait Fabien. « Elle s’imagine que je l’aime. C’est vraiment qu’une idiote, c’est incroyable. J’aime ma copine et j’en ai absolument rien à cirer d’Anna. Mais elle croit tout ce que je lui dis, alors voilà, laisse tomber. Elle est trop naïve cette fille. Mais je m’en fous, moi, je profite, je passe du bon temps, alors elle pense ce qu’elle veut ! » Un grand éclat de rire retentit alors sous le parasol. Anna avait tout entendu. Elle ne réalisa pas tout de suite ce qu’elle venait d’entendre. Elle était choquée et n’arrivait plus à rien dire. Puis elle se mit à courir, elle ne savait pas où. Les larmes dégoulinaient sur son visage, mais c’était des larmes de rage. Elle fulminait contre Fabien. Et aussi contre elle-même. Elle n’arrivait pas à croire qu’il ait pu la traiter de la sorte. Après tout ce qu’ils avaient fait ensemble. Il s’était bien foutu d’elle, avait bien profité, et elle, n’y avait vu que du feu. Elle ne pouvait pas croire qu’elle avait été aussi idiote. Elle s’était laissé berner tellement facilement… Elle courait, courait, n’importe où, pourvu que ce soit loin de lui. Puis les larmes de rage se transformèrent peu à peu en larmes de tristesse. Elle se rendait petit à petit compte qu’elle était amoureuse de lui, mais que lui, il s’en foutait complètement d’elle. Elle qui l’avait considéré comme son grand ami, son grand frère… Et les interminables balades sur la plage… Et les nombreux baisers qu’ils s’étaient échangés…Tout ça ne rimait à rien… Fabien voulait juste s’amuser. C’est comme si elle venait de recevoir un couteau dans le cœur. Elle se sentait comme une souris qui s’était faite prendre au piège à cause d’un morceau de sa nourriture favorite. Anna se sentait très mal, elle était plus que mal. Elle alla ramasser son linge et se dépêcha de rentrer à la caravane. Par chance, ses parents étaient à la plage et ne voyaient pas l’état dans lequel elle était. Elle courut dans sa chambre, s’enferma et se jeta sur son lit, la tête dans les bras. Les larmes coulaient de tous les côtés sans qu’elle le veuille. Elle était dans un total désarroi. Elle pleura encore toutes les larmes de son corps, pendant des heures et des heures. Il fallait que ça sorte. Puis elle réalisa qu’elle devait voir Fabien le soir-même. Elle réfléchit à la situation, se demandant ce qu’il fallait faire. Puis elle décida d’y aller pour lui demander des explications, et des comptes. Elle voulait savoir ce que tout ça voulait dire. Le soir, elle se prépara pour aller au rendez-vous avec Fabien. Elle avait les yeux rouges et gonflés d’avoir tant pleuré. Elle essaya de le dissimuler sous un trait de crayon et un peu de mascara. Puis elle sortit et marcha en direction de la plage. Elle décida d’être forte et d’avoir la tête haute lorsqu’elle se retrouvera face à Fabien. Lorsqu’elle arriva au point de rendez-vous, elle était un peu en avance, par conséquent, Fabien n’était pas encore là. Mais elle le voyait déjà venir au loin… Elle respira un grand coup, pour se donner du courage. Fabien était déjà à quelques mètres d’elle. Il lui fit un grand sourire et lui cria salut, puis il s’approcha d’elle pour l’embrasser. Mais Anna recula et lui tourna le dos en murmurant juste un simple « salut » tout bas. Elle sentit que Fabien la prenait dans ses bras. Il lui murmura à l’oreille : « Qu’est-ce qui ne va pas ma puce ? » Anna se dégagea violemment de son étreinte. « Rien », répondit-elle doucement. Mais Fabien eu un petit rire et dit : « Ha non, je te connais trop bien maintenant, je sais qu’il y a quelque chose. Allez, tu sais que tu peux tout me dire… » Anna luttait pour se retourner et lui faire face. Elle bouillonnait comme un volcan en ébullition à l’intérieur d’elle-même et sentait les larmes lui monter au yeux. Mais elle sentit également une bouffée de courage monter, et elle se tourna. Fabien lui souriait, mais c’était un sourire bizarre, une sorte de faux sourire. Anna s’éloigna un peu de lui, en marchant. Il la rattrapa et se mit à marcher à côté d’elle. Il lui disait : « Allez, dis-moi ». Anna s’arrêta alors net et se tourna face à lui. Elle lui dit alors sur un ton d’ironie : - Alors, comme ça, je suis trop conne, je suis une idiote et je suis super naïve ? Contrairement à ce qu’elle pensait, il ne prit pas un air innocent, mais il éclata de rire. Il ricana : - Qu’est-ce qui te fait dire ça ma puce ? Anna s’énerva alors vraiment, et toute sa colère sortit d’un coup. Elle se mit à hurler : - Eh bien tout simplement parce que je t’ai entendu le dire ! Comment t’as osé me faire ça, comment t’as pu ? J’arrive pas à y croire. Tu t’es bien foutu de moi hein ? Mais regarde-moi quand je te parle ! Hein, t’as bien profité, t’es heureux je pense ? C’est quoi ce jeu-là, à quoi tu t’amuses ? J’y crois pas, après tout ce qu’on a fait, après tout ce que tu m’as dis ! Et tu pensais rien de tout ça, c’était que des paroles en l’air ? Tu te fous de ma gueule ? T’es vraiment un connard, tu te fous du monde, t’en à rien à foutre des sentiments des autres ! Tu n’as vraiment pas de cœur ! Je te faisais confiance ! Et tu as osé me faire ça ? Je te déteste, je te hais ! Lorsqu’elle eut enfin tout sorti, elle se sentit soulagée, mais elle bouillait de rage. Elle ressentait un profond dégoût envers lui, elle n’arrivait même plus à le regarder. Et pour couronner le tout, Fabien était mort de rire en face d’elle, ce qui fit encore grandir sa rage. Il finit par arrêter de rire, mais avait toujours son faux sourire qui se dessinait sur ses lèvres. Il se mit alors à parler : - Oh, je vois… Tu m’as entendu ? Bien… De toutes façons, il fallait bien que tu le découvres un jour… Ca ne pouvait pas durer éternellement. Eh bien oui, je me suis foutu de toi, tu as raison. Tu vois, là, ça fait un moment que j’ai plus revu ma copine, et j’étais un peu en manque. Puis je t’ai rencontrée, et je me suis dis « pourquoi pas ? ». Ca pouvait sûrement marcher, la plupart des filles sont supers naïves. Et heureusement pour moi, tu faisais partie de celles-là. Et ainsi, je me suis super bien amusé, c’était génial, j’ai bien profité, et ça me suffit amplement. Désolé pour toi, mais je n’ai jamais eu aucun sentiment envers toi. Je voulais juste un peu m’amuser pour pas m’ennuyer pendant mes vacances et j’ai eu ma dose, alors c’est bon, j’ai plus besoin de toi. Merci beaucoup, grâce à toi, j’ai passé des supers vacances et je me suis bien marré. Adieu ma puce… Puis il se pencha et lui donna un dernier baiser, avant de s’éloigner sans ajouter un mot. Anna, les larmes dégoulinant de partout sur ses joues et essuyant ses lèvres où Fabien l’avait embrassée, l’appela : - Oh dis voir attends, tu vas où là ? C’est pas fini, je crois que t’as encore des choses à me dire… - Désolé ma puce, lui répondit Fabien de loin, mais il n’y a plus rien à ajouter sur le sujet. Ravi de t’avoir connue. Adieu… Il partit sans se retourner. Anna resta plantée là, debout, sans rien dire, mais bouillant de fureur. Puis elle s’effondra sur le sable. Elle voulut retenir ses larmes, mais elle n’y parvint pas. Elle resta là, couchée, pendant plus d’une heure, des centaines de gouttes d’eau tombant de ses yeux sur le sable. Elle n’arrivait pas bien à respirer, tellement elle pleurait. Puis après avoir versé tous les litres d’eau que son corps le permettait, elle finit par se relever et rentra. Elle passa toute la soirée dans sa chambre, à sangloter sous ses couvertures. Elle n’arrivait pas à s’endormir, elle n’arrêtait pas de penser aux merveilleux moments passés en compagnie de Fabien, ce qui faisait monter ses émotions, Elle ne put fermer l’œil de toute la nuit. Les derniers jours de vacances furent un enfer pour Anna. Déjà un, elle ne pouvait parler à personne de ce qui lui arrivait, c’était impossible d’en parler avec ses parents, et il n’y avait aucune amie pour la soutenir, elles étaient toutes très loin. Elle ne pouvait pas en parler au téléphone, c’était bien trop long. Alors elle devait tout garder au fond d’elle et un énorme poids pesait dans sa poitrine à cause de ça. Ensuite, elle voyait encore Fabien de temps en temps et à chaque fois, il la narguait. Lorsqu’elle allait à la piscine ou à la plage, elle le voyait de loin, et dès qu’il la reconnaissait, il lui faisait sans cesse des clins d’œils accompagnés de l’un de ses faux sourires que Anna commençait à connaître. C’était vraiment horrible pour elle. Elle était seule, n’avait personne à qui parler. Elle n’avait jamais été aussi mal de toute sa vie. A un certain moment, elle eut même des pensées suicidaires. Elle ne voyait pas pour quelle raison elle était encore sur cette planète, elle pensait que le monde serait bien plus heureux si elle n’était plus là et que ça arrangerait la plupart des personnes. Puis lorsque enfin, elle rentra chez elle, en Suisse, elle put se confier à ses amies. Elle raconta tout dans les détails et se laissa aller sur l’épaule de sa meilleure amie, qui faisait tout pour la réconforter, ce qui n’était pas évident… Elle ne sait combien de mois elle a encore pleuré à cause de tout ça. Elle avait sûrement versé un bon nombre de litres de larmes. Pendant des mois et des mois, elle était super mal et pleurait sans arrêt. Elle fit l’énorme bêtise d’envoyer encore un message à Fabien, ce qui lui valut une bonne engueulée de sa meilleure amie, qui n’arrêtait pas de lui répéter qu’elle devait l’oublier, qu’il l’avait fait souffrir et que ce n’était qu’un sale con. En plus, Fabien avait répondu à son message en l’insultant. Mais Anna n’arrivait pas à l’oublier, c’était trop dur pour elle, car elle l’aimait encore. Rien ne réussissait à lui remonter le moral, pas même sa guitare et son groupe de rock auquel elle tenait pourtant plus que tout. La plupart du temps, elle ne se rendait plus aux répétitions, ce qui n’était évidemment pas une bonne chose pour le groupe, puisqu’elle en était également la chanteuse. Rien n’arrivait à la motiver, elle n’était plus intéressée par rien. Sa meilleure amie avait beau essayer de la convaincre de venir aux répétitions, en disant que c’était très important, sans succès. Les rares fois où elle y allait, elle chantait comme une casserole et se trompait sans arrêt en plaquant des accords sur sa guitare. En plus de tout ça, elle s’était sentie obligée de quitter son copain à cause de cette histoire. Elle se sentait tellement coupable. En plus, elle s’était rendue compte qu’elle ne l’aimait plus. Elle ne pouvait pas oublier, c’était impossible, il s’était passé trop de choses entre eux deux. Elle en avait marre, elle voulait disparaître de ce monde. Puis enfin, après plusieurs mois de dépression, Anna réussit enfin à s’en sortir. Grâce au soutien de ses amies, elle avait réussi à l’oublier et s’était rendue compte de sa naïveté. Mais bon, comme dit le proverbe : « L’amour rend aveugle.. » A présent elle le traitait de tous les noms, et le haïssait. Elle avait déchiré sa photo et avait effacé son numéro de son répertoire. Tout allait à nouveau bien pour elle, elle était à nouveau passionnée par son groupe, se rendait à toutes les répétitions et était déchaînée. Elle ne pouvait plus se séparer de sa guitare et voulait absolument tout faire pour qu’ils réussissent. Ca avait été vraiment une horrible période pour elle, mais d’un autre côté, cette expérience lui avait appris quelque chose, ça lui avait donné une leçon. Elle était désormais prudente, sur la défensive avec les garçon, et avait décidé de ne plus jamais se laisser avoir de cette manière. La petite fille naïve avait définitivement disparu, et Anna avait retrouvé son sourire et toute sa joie de vivre… !
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